Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat a alerté le 18 novembre la communauté internationale que les périodes de forte chaleur risquent à l'avenir de devenir plus intenses et répétitives en raison du changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre (GES).

En gros, la maison brûle à petit feu. La communauté internationale est au pied du mur environnemental. Un engagement contraignant au niveau mondial s’avère nécessaire, pour limiter les conséquences de l'augmentation des émissions de GES.

Durban, qui accueillait la Conférence internationale sur les changements climatiques début décembre, devait servir à cela. Mais on s’est plutôt acheminé vers une feuille de route laquelle établit qu’un accord sera pris en 2015.

Autrement dit, nos dirigeants préfèrent repousser le problème et Durban s’est soldé par un échec des négociations, avec d’un côté les gros joueurs chinois, indiens, américains et canadiens qui refusent de faire des concessions et de l’autre, une zone euro préoccupée à ne pas sombrer dans la crise économique.

Bien que l’Afrique pèse seulement 4% d'émissions de GES, elle subit déjà largement les effets du changement climatique comme la rappeler le président sud-africain Jacon Zuma lors de l’ouverture de la Conférence. La production agricole dans de nombreux pays africains devrait diminuer de près de 50% en 2050, ce qui provoquera de graves pénuries alimentaires.

Déjà, selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement, « la compétition entre les communautés pour les ressources rares, particulièrement les terres arables, l'eau et les forêts est une réalité en Afrique de l'Ouest». Une coopération régionale et un accord contraignant s’avèrent donc cruciaux pour dissiper les tensions et limiter les possibilités de conflits et de migrations massives. Dans certains cas, on assiste même à un durcissement des tensions et à des conflits, particulièrement dans la région entourant le lac Tchad selon l’ONU.

Devant ces conséquences concrètes du changement climatique, en toute impunité, des grandes entreprises, présentes en Afrique ou non, jettent de la poudre aux yeux de leurs actionnaires et de leurs clients en surfant hypocritement sur la cause environnementale. Elles colorent leur logo en vert pour afficher une image publique écologique et responsable, sans accompagner ce marketing sournois d’actions bénéfiques pour l'environnement. Ces adeptes du «greenwashing» leur permet de bénéficier de retombées positives.

Elles sont toutes aussi à blâmer que nos responsables politiques procrastinateurs de Durban qui laissent la maison brûler en attendant un hypothétique accord en 2015.